Le secret d’une ville plus sécuritaire et plus forte? L’adaptation à la marche!

Le secret d’une ville plus sécuritaire et plus forte? L’adaptation à la marche!

Jeff Speck
Auteur et défenseur des droits, urbaniste et designer urbain de renommée internationale,

Catégories

Urbain

Le secret d’une ville plus sécuritaire et plus forte? L’adaptation à la marche!

Publié le:
24 mai 2017
Date de l'événement:
Mercredi, 24 mai, 2017 (Jour entier)

Jeff Speck affirme que lorsque les conditions sont réunies, les piétons peuvent s’épanouir dans les villes.

« La marche en ville doit répondre efficacement à certains critères, soutient-il.

Le piéton doit par exemple savoir qu’il ne risque pas d’être frappé par une voiture ou un camion. Il doit avoir accès à des espaces urbains bien pensés dans lesquels il se sent à l’aise de circuler. Et l’environnement doit lui offrir autre chose que des murs nus et des parcs de stationnement, et le distraire de l’ennui. »

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir un fervent défenseur des villes accessibles aux piétons?

Jeff Speck : Je suis passé du design architectural au design urbain, puis à l’urbanisme, parce que je cherchais à améliorer la vie des gens. Au fil des ans, il est devenu clair que toutes les recommandations que nous faisions afin d’améliorer les villes et la vie des gens préconisaient en fait un meilleur potentiel piétonnier. J’ai nommé le concept walkability, c’est-à-dire « marchabilité » ou « adaptation à la marche », par souci de précision et pour être compris. La plupart des gens saisissent cette notion, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour les termes « urbanisme » ou « aménagement urbain ».

Pourquoi l’adaptation à la marche est-elle importante?

Jeff Speck : La première partie de mon livre Walkable City: How Downtown Can Save America, One Step at a Time s’intitule « Why Walkability » (« pourquoi l’adaptation à la marche »). Elle traite des avantages considérables en matière d’économie, de santé et d’environnement offerts dans les zones piétonnières. Au cours des 15 dernières années, les économistes, les épidémiologistes et les environnementalistes ont milité avec ardeur (davantage que les urbanistes) pour des villes accessibles aux piétons. Leurs découvertes et la diffusion de leurs travaux ont grandement contribué au succès de mes activités à l’échelle internationale.

Vous avez parlé de quatre conditions qui doivent être réunies pour qu’une ville soit accessible aux piétons : soit le caractère utile, sécuritaire, agréable et attrayant des zones piétonnes. Pourquoi ces conditions sont-elles importantes?

Jeff Speck : Les gens qui ont le choix de marcher ne le feront pas en l’absence de ces quatre conditions. La marche en ville doit répondre efficacement à certains critères.
On doit par exemple savoir qu’on ne risque pas d’être frappé par une voiture ou un camion.
On doit avoir accès à des espaces urbains bien pensés dans lesquels on se sent à l’aise de circuler.
Et l’environnement doit offrir autre chose que des murs nus et des parcs de stationnement, pour distraire le piéton.
Ce n’est pas facile de remplir ces quatre conditions, mais elles s’avèrent essentielles pour créer des espaces où les gens ne privilégieront pas automatiquement leur voiture pour se déplacer.

Quels sont les éléments simples qui rendent une ville plus accessible aux piétons?

Jeff Speck : La solution la plus simple et la moins coûteuse est la réorganisation équitable des rues entre les différents modes de déplacement. Cela implique de diminuer la largeur des voies de circulation (pour qu’elles n’occupent que l’espace sécuritaire voulu) et d’en réduire le nombre, si possible. De l’espace additionnel est ainsi dégagé pour les voies réservées aux autobus et aux bicyclettes, pour les places de stationnement et les trottoirs élargis. Habituellement, les bordures de route ne sont pas déplacées; seules les zones de conduite sont restreintes. Pour élargir le trottoir, des palettes – des plates-formes en bois – sont généralement construites pour étendre l’espace piétonnier à la zone de stationnement. Il n’est ainsi pas nécessaire de créer de nouvelles bordures de béton, très coûteuses.  

Quel rôle la technologie joue-t-elle?

Jeff Speck : J’appuie les villes intelligentes, en ce sens qu’elles se gèrent bien plus efficacement. Par exemple, si toutes les poubelles pouvaient nous dire quand elles sont pleines et que les camions à ordures ne passaient que lorsqu’il est temps de les vider, ce serait un énorme pas vers l’avant – un pas rendu possible par la nouvelle technologie. Des outils comme la cartographie des cellulaires peuvent servir à déterminer dans quelles zones de la ville les gens marchent le plus, et ainsi nous permettre d’investir des fonds en conséquence. Mais je trouve tout aussi facile de parvenir à cette même évaluation sans faire appel à la technologie!

L’Université Concordia coorganise l’édition 2017 de la conférence Next City Vanguard qui se tiendra à Montréal du 31 mai au 3 juin. Inscrivez-vous maintenant pour assister au discours de Jeff Speck le 1er juin prochain. Regardez ses conférences TED Talk, « La ville adaptée à la marche » (sous-titrée en français) et « 4 ways to make a city more walkable ».

Article par: Karen McCarthy

Le secret d’une ville plus sécuritaire et plus forte? L’adaptation à la marche!