1700 La Poste : la nouvelle escale d’art à Montréal

1700 La Poste : la nouvelle escale d’art à Montréal

Directrice générale et artistique,
1700 La Poste

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Social & Culturel

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1700 La Poste : la nouvelle escale d’art à Montréal

Publié le:
26 juillet 2017
Date de l'événement:
Mercredi, 26 juillet, 2017 - 09:45

Le 1700 La Poste n’est ni un musée ni une galerie, mais un lieu d’exposition libre, ouvert au public et dédié à des peintres, sculpteurs et graveurs québécois. Rencontre avec la visionnaire du projet : Isabelle de Mévius.

« J’ai appris le marché québécois »

Le 1700 La Poste, lieu privé consacré aux arts visuels et à ses enjeux discursifs, a gagné son pari : celui de l’émergence de l’art contemporain québécois.

Inaugurée en 2013, après presque 4 ans de travaux, cette ancienne poste transformée en vitrine sur l’art est le dernier projet d’Isabelle de Mévius, une descendante de la noblesse wallonne et membre d’une des trois familles les plus fortunées de Belgique, passionnée d’art et de psychanalyse.

Mais qu’est-ce qui pousse une riche héritière à ouvrir une galerie dans le Quartier de l’innovation de Montréal? Madame de Mévius confie qu’elle venait au Québec « de façon sporadique depuis 1992 pour assister à des séminaires de psychanalyse ». En 2002, elle décide de faire le saut et de s’établir à Montréal en y achetant une maison. « Quand je me suis installée, j’ai été confrontée à tout un milieu intellectuel de psychanalystes, de philosophes et d’artistes. », explique-t-elle. De ce cercle, elle rencontrera le premier artiste québécois qu’elle publiera: Michel Casavant. Elle aime son travail, mais remarque qu’il est peu ou pas représenté. « Pour lancer sa carrière, j’ai pensé faire un livre et inviter des écrivains, mais aussi des psychanalystes pour parler de son travail. C’était mon premier livre. Je n’avais jamais fait de livre avant. C’est ainsi que j’ai commencé à m’occuper de la cause des artistes au Québec. »

Le livre est si réussi, que les amis de M. Casavant sollicitent rapidement Isabelle de Mévius pour réitérer l’expérience avec leur propre travail. « Finalement, je me suis dit qu’il fallait les exposer. J’ai cherché dans tout Montréal un lieu pour ce projet. » Le local qui la séduit, Mme de Mévius le connait bien puisqu’il appartient à un antiquaire chez qui elle venait chercher meubles et objets pour sa maison. « J’étais donc habituée au quartier. », se souvient-elle.

Une nouvelle approche

Le 1700 La Poste accueille deux grosses expositions par an qui gardent l’affiche pendant 3 mois. Elles sont pensées et assemblées le plus justement possible. À chaque fois, ce sont six personnes qui travaillent ensemble pour réfléchir et bâtir l’exposition; parmi elles, on compte deux architectes, un graphiste ainsi que l’artiste du moment.

« L’originalité de mon histoire, c’est peut-être notre façon de procéder : on encadre bien l’artiste et on entre au fond de ce qu’il dit, on le décortique, on essaye de le comprendre intellectuellement, philosophiquement, artistiquement et historiquement. »  Selon Mme de Mévius, il y a plusieurs avenues pour comprendre une œuvre d’art. Et le 1700 La Poste les emprunte toutes!

D’ailleurs, lorsqu’une exposition est montée toutes les plateformes disponibles sont utilisées :

  • Le lieu physique avec une salle d’exposition sur 3 étages.
  • La publication d’un livre regroupant au moins trois points de vue différents pour parler et expliquer le travail de l’artiste.
  • Le web avec une série de capsules.
  • Le cinéma avec la production d’un film – qui est d’ailleurs présenté chaque fois à la FIFA.

« J’ai des coups de cœur sinon ça ne marche pas »

Le succès du 1700 La Poste est au rendez-vous puisque les expositions sont déjà planifiées pour les deux prochaines années. Elles attirent plus de 3000 visiteurs aux profils et aux horizons très différents et que chaque capsule web produite enregistre plus de 9000 vues.

Leur point fort : la combinaison du meilleur du musée et de la galerie d’art. « Je suis à la fois dans un style muséal où je présente des artistes à la communauté, mais je fais aussi un travail de galeriste en arrière-fond. On est un peu des deux. C’est une innovation, car en général le type muséal ne s’occupe pas de la vente. »

En effet, ici l’artiste expose librement. Le 1700 La Poste ne prend pas de pourcentage sur les ventes, mais promeut les artistes, car elle estime qu’ils ne peuvent pas exposer sans être capables de vendre. 

« Ce qui m’intéresse le plus, personnellement, c’est le discours sur le travail de l’artiste. C’est comprendre ce qu’il fait. », avoue Mme de Mévius.

Intégrer l’art aux bâtiments Québécois

Dans quelques mois, le 1700 La Poste deviendra une fondation, mais pour Mme de Mévius « ce qui est intéressant dans tout cela c’est la rencontre avec l’artiste. L’art est un mystère. Ce n’est pas donné à tout le monde. C’est un destin. »

Pour Madame de Mévius les opportunités de partenariat avec le QI sont immenses! « Nous pourrions présenter les œuvres aux gens du monde des affaires qui auraient envie d’acheter des sculptures ou de la peinture pour les mettre dans leurs bureaux. Parce que c’est quand même magnifique qu’une nation puisse reconnaitre ses artistes et puisse les intégrer à ses bâtiments. »

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