Mourad Debbabi, professeur à l’Université Concordia, se penche sur la cybercriminalité

Mourad Debbabi, professeur à l’Université Concordia, se penche sur la cybercriminalité

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Formation & Recherche

Mourad Debbabi, professeur à l’Université Concordia, se penche sur la cybercriminalité

Publié le:
23 juin 2016
Date de l'événement:
Jeudi, 23 juin, 2016 (Jour entier)

La cybersécurité est souvent vue comme la science qui permet d’empêcher Big Brother de lire nos courriels, et les pirates informatiques, de voler notre numéro de compte bancaire.

Toutefois, les experts comme Mourad Debbabi, professeur à l’Institut d’ingénierie des systèmes d’information de Concordia (CIISE) et titulaire de la chaire de recherche de l’Université en sécurité des systèmes d’information, savent que la cybercriminalité peut avoir des effets néfastes bien au-delà des limites de la sécurité individuelle.

Le Pr Debbabi évoque un cas majeur récent : la cyberattaque d’une centrale électrique ukrainienne qui a privé d’électricité près d’un million de personnes, tout juste avant Noël.

Mourad Debbabi : « Parfois, ces attaques sont commandées par des membres du crime organisé… Parfois, elles sont appuyées par un État… Ou bien, elles sont l’œuvre de pirates informatiques en quête de célébrité. »
Mourad Debbabi : « Parfois, ces attaques sont commandées par des membres du crime organisé… Parfois, elles sont appuyées par un État… Ou bien, elles sont l’œuvre de pirates informatiques en quête de célébrité. »

« Plus que de simples désagréments, ces attaques menacent la sécurité nationale », affirme le Pr Debbabi, ajoutant qu’elles peuvent avoir de graves effets sur des organes de services publics de première importance, comme les hôpitaux, les postes de police, les banques et tout autre établissement faisant usage de systèmes informatisés.

Enquêter sur ces attaques, rechercher et perfectionner des outils de cybersécurité pour les contrer, voilà la mission que s’est donnée le Pr Debbabi. C’est aussi le credo du CIISE, que le chercheur a contribué à façonner à la suite de son embauche, en 2003. Il souligne que l’institut est l’un des premiers établissements de recherche au Canada à se consacrer entièrement à la cybersécurité.

« Le but premier du CIISE est de favoriser la recherche interdisciplinaire sur les systèmes d’information dans toutes les sphères du génie, explique-t-il. Le département est un établissement de recherche et, par définition, ses activités sont strictement orientées dans cet axe. On n’y offre donc pas de cursus de premier cycle – uniquement des programmes de maîtrise et de doctorat. »

Jusqu’à maintenant, quelques centaines d’étudiants et d’étudiantes ont obtenu un diplôme du CIISE. Le pôle de recherche qu’ils ont établi est d’une importance cruciale pour la cybersécurité au Canada. Ainsi, les chercheurs et professeurs de l’institut se consacrent à la dactyloscopie numérisée, à la surveillance des cybermenaces et à d’autres facettes de la sécurité en ligne, que ce soit dans le cadre de leurs propres travaux ou de partenariats avec le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et d’autres établissements ou entreprises.

Prem Sooriyakumar, qui travaille au Service de la recherche de Concordia, collabore à la coordination de la conférence. Selon lui, les membres de l’auditoire peuvent s’attendre à une conversation autour de la lutte opposant un monde où presque tous les services offerts par l’État et les entreprises sont en ligne, et le droit des personnes de voir leurs renseignements personnels protégés.

« C’est l’occasion idéale d’entendre deux chercheurs discuter de questions pointues relatives à la cybersécurité, dans un autre contexte que le milieu universitaire », fait remarquer M. Sooriyakumar.

Le Pr Debbabi et son équipe font la surveillance de toutes sortes d’attaques. L’expert a d’ailleurs avancé quelques chiffres pour mieux illustrer l’énorme potentiel de dommages qu’elles présentent. « Il peut survenir plus de 5 000 attaques par saturation dans le monde tous les jours, précise-t-il, soit au moins 30 000 en moyenne par semaine. »

« C’est un grave problème, ajoute le chercheur. Parfois, ces attaques sont commandées par des membres du crime organisé… Parfois, elles sont appuyées par un État… Ou bien, elles sont l’œuvre de pirates informatiques en quête de célébrité. Mais, peu importe qui en est l’auteur, les dommages sont là. »

Version originale publiée par Concordia.ca

Mourad Debbabi, professeur à l’Université Concordia, se penche sur la cybercriminalité