Un premier café « zéro déchet » à Montréal

Un premier café « zéro déchet » à Montréal

Co-fondateur,
Café le 5ème

Catégories

Industriel
  • Social & Culturel

Mots-clés

  • startup
  • environnement

Un premier café « zéro déchet » à Montréal

Publié le:
16 décembre 2016
Date de l'événement:
Vendredi, 16 décembre, 2016 (Jour entier)

Dans le demi-sous-sol d’un édifice de la rue de la Montagne, au coin de la rue du Séminaire, Dorian Zéphir et Simon Fonseca ont ouvert le café Le 5ième; premier café « zéro déchet » à Montréal. Ici, café rime avec convivialité, espace coopératif et écologie.

La naissance d’un projet

C’est à l’École de technologie supérieure (ÉTS) que, l’an passé, Dorian Zéphir et une dizaine d’étudiants découvrent ensemble le bâtiment flambant neuf de la nouvelle Maison des étudiants (MDÉ) de l’ÉTS. Coup de cœur absolu! Ils trouvent néanmoins qu’il serait bon d’y ajouter « un café-espace de travail super convivial ». Ils découvrent alors le 5ème étage de ce bâtiment. Vingt-deux mille pieds carrés où tout est à imaginer. Leurs yeux brillent et les idées fusent dans leurs têtes. « On se lance alors dans le plan financier du café afin de mesurer la viabilité du projet. Et il tient la route! » nous explique Dorian. Malheureusement, les plans changent, et le projet ne peut voir le jour dans l’espace prévu.

Mais Dorian n’est pas prêt à voir son projet s’envoler. Le soir même, il se lance sur Kijiji afin de trouver un espace à louer. Et comme si le destin frappait à sa porte, un local l’attend. Il aura fallu une seule visite pour qu’il tombe en amour. C’est lui. Retour au travail afin de revoir le plan financier; quelques mois plus tard, le bail est signé et la campagne de socio-financement lancée. « C’était le local parfait, dans un vieux bâtiment plein de caractère. Un espace ouvert au quartier, situé à deux pas de l’ÉTS. » commente Dorian.

Partir de rien et savoir tout recycler

«Au début, j’étais tout seul sur ce projet et je savais que j’allais avoir besoin d’aide. La première personne que je suis allé voir à ce moment-là c’est Antoine Leduc du Quartier de l’innovation ». Avec l’aide du QI, Dorian est introduit auprès de différentes personnes influentes du quartier. Pour lui ce fut « le gros coup de pouce pour bâtir notre projet. Le QI a su nous diriger vers les personnes phares et investies dans quartier. Et ces personnes-là ont vraiment adhéré au projet! »

Réalisant aussi qu’il ne pourrait porter ce projet seul, Dorian s’associe avec Simon Fonseca. Les deux jeunes entrepreneurs et co-fondateurs de 27 ans se lancent alors passionnément dans la création de ce qui deviendra le premier café « Zéro Déchet » de Montréal.

Le Zéro déchet

« Dans ma vie personnelle, au moment de l’idéation du projet, j’étais moi-même en train de transformer mes habitudes d’un mode de vie écologique « classique » vers un mode de vie sans déchets. » Après avoir assisté à une conférence de Béa Johnson, il réalise « que cela n’est si pas compliqué d’appliquer ce concept au quotidien ». Et il souhaite aller plus loin… en l’étendant notamment au café le 5ième.

Dans la pratique, l’objectif du « Zéro déchet » c’est d’arriver à produire le minimum de déchets compostables et recyclables; sans compter qu’il n’y a rien qui va à la décharge. Compliqué? Pas du tout explique Dorian.

« Nos serviettes sont, comme dans beaucoup de restaurants, réutilisables; la grande majorité de nos tasses nous ont été données par des résidents du quartier ou récupérées à droite, à gauche comme à l’Armée du salut; pour emporter quelque chose comme le café, les personnes doivent amener leur contenant; des bouts de bois ou des briques récupérés sur l’un de ses chantiers de Simon ont permis à fabriquer le comptoir et différents objets de déco; il y a aussi des chaises et tabourets que l’on a chinés sur kijiji; des tables données par les résidents. Il n’y a rien de neuf. Tout a été récupéré et réhabilité. »

Note particulière à l’entreprise Lenoir & Lacroix  qui a également accepté le jeu du fournisseur « zéro déchet » en laissant à Dorian et ses collègues leur fournir les contenants de café.

Il reconnaît être très chanceux de son association avec Simon Fonseca qui est « très manuel et plein d’idées ». Ce dernier est capable de faire des merveilles avec presque rien, nous confie-t-il.

Des résidents enthousiastes et impliqués

Grâce à une campagne de socio-financement , Dorian et Simon ont réussi à impliquer les résidents du Quartier, créant ainsi un véritable sentiment d’appartenance avant même l’ouverture du café.

« On donnait la possibilité aux résidents de participer au projet à travers des contributions qui donnaient le droit à des contreparties comme, par exemple, avoir son nom sur l’une des poutres du café. Il y a plusieurs personnes qui n’avaient pas les moyens de contribuer financièrement, mais qui, une fois la campagne terminée, sont venues nous voir pour nous demander si nous avions  besoin de plantes? De tasses? De chaises, de mobilier, de tapis? On a valorisé cela autant que le financement et on leur a offert des contributions de la même façon. »

Aujourd’hui, c’est un pari réussi puisque lorsque les clients se présentent au café, c’est comme s’ils les connaissaient. La relation est déjà créée et elle semble être partie pour durer !

 

Un premier café « zéro déchet » à Montréal