Yacine Amrani, co-fondateur de Griffin Camp

Yacine Amrani, co-fondateur de Griffin Camp

Co-fondateur,
Griffin Camp

Catégories

Industriel

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  • incubateur
  • accélérateur
  • startup

Yacine Amrani, co-fondateur de Griffin Camp

Publié le:
5 décembre 2016
Date de l'événement:
Lundi, 5 décembre, 2016 (Jour entier)

Yacine Amrani est à l’origine du projet Griffin Camp, un accélérateur d’entreprises niché en plein cœur du Quartier de l’innovation. Rencontre avec un homme passionné et enthousiaste qui a su nous partager une vision d’avenir inspirante et bouillonnante d’idées.

Comment en arrive-t-on à fonder un accélérateur d’entreprises? Il faut être un peu entrepreneur dans l’âme, non? Brillant et humble, Yacine nous répond pourtant posément que non. Il n’est pas un entrepreneur. Ce à quoi, il ajoute tout aussi calmement:

« Je ne suis pas un entrepreneur dans le sens où pour moi un entrepreneur, c’est quelqu’un qui ne veut rien faire d’autre. Voilà l’exemple que je donne souvent: si vous demandez à un entrepreneur « que vas-tu faire si ton projet ne réussit pas? » Sa réponse sera « J’en démarre un autre. » Si vous me posez la question, je vous dirai « Je me cherche un travail ». »

Arrivé à Montréal en 1995, Yacine Amrani ne connait alors personne. Il suit son chemin « au gré des aventures qui se sont présentées à lui » nous explique-t-il. De l’acquisition d’une agence de voyages à différents emplois dans des petites et grandes entreprises de la ville, Yacine cumule les expériences jusqu’en 2005 où il ne se consacre plus qu’aux petites entreprises en démarrage ou en difficulté. « J’ai bâti un réseau en partant de zéro. » se confie-t-il.

Un soutien pour les entrepreneurs

Depuis 2014, Yacine se voue à Griffin Camp, un accélérateur d’entreprises unique en son genre à Montréal, qu’il a fondé, à l’époque, avec Paul Blanchard. Derrière Griffin Camp se cache une reconnaissance: aider d’autres, comme on les avait aidés eux.

« On a créé l’accélérateur pour cette raison. Un endroit où l’on se sent bien et où les entrepreneurs n’ont pas peur d’échanger sur leurs problématiques d’entreprises et d’entrepreneurs. Souvent, quand on est entrepreneur, on a enormément  de préoccupations que l’on ne peut pas partager avec son entourage. Un entrepreneur qui a une famille à charge ne peut pas  rentrer chez lui le soir en disant « J’ai passé une très mauvaise journée, je n’ai pas d’argent en banque pour faire les paies la semaine prochaine »; il va démoraliser sa famille. Par contre à nous il peut le dire, car on connait sa réalité. »

Véritable fer de lance de la nouvelle génération d’entrepreneurs, Yacine a une vision très macro du marché et son savoir-faire est largement reconnu.

Des incubateurs pour stimuler l’économie

Pour lui, les accélérateurs et incubateurs d’entreprises sont capitaux puisque ce sont de vrais points d’entrée pour l’économie montréalaise. Il nous explique d’ailleurs que Griffin Camp compte énormément d’entrepreneurs étrangers. « On est un point de rencontre où les gens viennent échanger sur l’écosystème et le marché local; non pas avec des organismes qui sont là pour leur vendre Montréal, mais avec des personnes qui sont là pour leur dire la réalité. » Il y a toujours deux faces à une médaille nous rappelle Yacine. « Alors moi j’apporte la deuxième face. »

Si les entrepreneurs montréalais ont subi les décisions politiques et les coupes budgétaires des gouvernements et des municipalités des dernières années, il est fier de dire que les start-ups montréalaises ne se sont pas laissées abattre et ont su développer de nouvelles voies pour trouver du financement. Même si, selon lui, les entrepreneurs souffrent de cette absence de « cash » des politiques, le bassin d’entreprises créatives et innovantes - fondamentalement montréalaises et qui ne veulent pas s’expatrier - ne manquent pas! « On voit donc des fonds américains s’installer ici, pour chercher des projets montréalais. »

Une circulation d’idées à plus grande échelle

Et demain? Yacine aimerait voir l’apparition « d’un endroit central où pourrait se réunir les entreprises d’hier, c’est-à-dire celles qui sont matures, et les entreprises d’aujourd’hui pour créer tout ce qui sera là demain. » Cet ensemble deviendrait la référence mondiale en recherche appliquée et en développement.

« Dans mes rêves les plus fous,  on aurait un lieu suffisamment grand ou il y aurait des salles de conférences, un auditorium ou un amphithéâtre, et des appartements pour que les entrepreneurs étrangers puissent venir passer quelques semaines voire quelques mois. Il y aurait aussi des ateliers de modélisation, de prototypage et de recherche pour les entreprises établies, les entreprises en démarrage, les entreprises en développement, etc. Un écosystème complet avec cet échange permanent d’idées: des animations quotidiennes, des présentations régulières pour que tout le monde connaisse les défis de chacun et que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice. »

Ce rêve deviendra peut-être, dans un futur proche, une réalité pour le Quartier de l’innovation de Montréal puisque Yacine semble déjà prendre la direction de ce projet.

Yacine Amrani, co-fondateur de Griffin Camp