À la poursuite de la ville créative

À la poursuite de la ville créative

Commissaire développement économique-Innovation ,
Ville de Montréal

Volets du QI

Industriel
  • Social & Culturel
  • Urbain

Mots-clés

  • innovation
  • Economie
  • Vision
  • Montreal
  • Investissement

À la poursuite de la ville créative

Published on:
16 décembre 2016
Date de l'événement:
Vendredi, 16 décembre, 2016 (Jour entier)

Depuis plusieurs années, l’innovation est au cœur des préoccupations de développement des villes. Où se situe Montréal en termes d'innovation et de développement ? Rencontre avec Sylvie Labelle, commissaire en développement économique et innovation de la ville.

Investir dans le numérique

Toujours tournée vers l’avenir et forte de sa vision, Sylvie Labelle porte la création et l’innovation dans ses tripes depuis le début de sa carrière en 1989. Selon elle, Montréal se porte bien. « Montréal est perçue comme « Ville créative » à travers le monde un peu grâce à C2 Montréal, au secteur des jeux vidéos, à « Creative Mornings », au Quartier de l’innovation, etc. ». Le côté créatif  de la ville est reconnu autant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cependant, elle croit qu’il est nécessaire d’« améliorer nos stratégies sur la commercialisation de nos produits. »

La solution, elle la voit en mobilisant des investissements massifs dans le numérique. Elle croit en une « innovation intégrée ». Il est révolu le temps où chacun pouvait travailler dans des silos. Aujourd’hui, les volets sociaux, économiques, culturels et urbains devraient se rencontrer et évoluer ensemble.

« Il faut aussi que nos PME prennent le train du numérique plus rapidement, que nos services d’accompagnement soient adaptés aux besoins des PME. Actuellement, c’est trop compliqué, il faut diminuer la bureaucratie et donner plus de services de mentorat. Apprendre à réinventer nos programmes de soutien. Créer davantage de cohortes de dirigeants d’entreprises pour qu’ils puissent échanger sur leurs pratiques.

Il faut aussi que nos instances publiques travaillent plus en synergie, que les gouvernements municipaux travaillent plus en collaboration avec les gouvernements supérieurs. »

Le Quartier de l’innovation: porte d’entrée pour les investisseurs

« Pour une ville, dans ce 21e siècle, il est très important d’avoir un Quartier de l’innovation. » En effet, les investisseurs cherchent de plus en plus de portes d’entrée aux villes pour connaitre les startups et pouvoir investir. Si une ville ne possède pas un QI, qui appellent-ils ?

« Nous avons la chance d’avoir 150 000 étudiants, 4 grandes universités qui travaillent en collaboration avec QI. Aucune autre ville dans le monde ne détient un actif si important sur un territoire. C’est à nous à créer les synergies pour que tous ces joueurs performent encore mieux et démontrent toute la force de Montréal. »

Mais il ne devrait pas s’arrêter là. Sylvie Labelle croit que le Quartier de l’innovation deviendra un quartier entièrement intelligent c’est-à-dire « avec des objets connectés, du big data, le transport électrique, un village entrepreneurial où l’on intervient autant dans les domaines économiques, culturels, sociaux et urbains. Où le « vivre ensemble » est une pratique intégrée dans les mœurs. Un quartier où les chercheurs travaillent davantage avec les entreprises et où les startups fleurissent aisément tout en recevant un soutien de haut calibre. Le QI sera un laboratoire vivant, une porte d’entrée des investisseurs étrangers pour démontrer le savoir-faire des Montréalais. »

Montréal : une locomotive pour Québec?

Si Montréal est considérée comme une locomotive économique pour la province, Mme Labelle aspire à une bonification de la stratégie numérique du gouvernement du Québec en investissant encore plus sur Montréal et en lui octroyant notamment le statut de Métropole. « Actuellement, Montréal est considérée comme une région comme une autre quand notre ville est en compétition avec Boston, New York ou Toronto. » Selon les chiffres diffusés par le journal Les Affaires, il est clair que « La «traction» de la grande région de Montréal sur les régions est aujourd'hui deux fois supérieure à celle de la ville de Québec. Elle est aussi trois fois supérieure à celle que Toronto exerce sur les régions de l'Ontario. »

Pour Sylvie Labelle, c’est sans appel : « Aider Montréal c’est aider tout le Québec. »

Elle ajoute qu’en 1997, « nous avons créé l’industrie du jeu vidéo qui n’existait pas, simplement en adoptant une nouvelle politique de main d’œuvre et fiscale…on a donné de l’espoir à la jeunesse; on peut faire pareil aujourd’hui avec d’autres secteurs d’avenir. » Les secteurs porteurs sont le transport électrique, le développement durable (énergie solaire, chimie verte), le numérique (ville intelligente, big data), etc. « Il faut penser à « créer de la richesse » (…) il faut être à l’écoute du terrain et développer notre leadership. »

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