Natalie Voland : une entrepreneure sociale du 21ème siècle

Natalie Voland : une entrepreneure sociale du 21ème siècle

Natalie Voland
Présidente,
Gestion immobilière Quo Vadis inc.

Volets du QI

Industriel
  • Urbain

Mots-clés

  • Entrepreneuriat
  • developpement durable
  • le salon 1861

Natalie Voland : une entrepreneure sociale du 21ème siècle

Published on:
9 mai 2017
Date de l'événement:
Mardi, 9 mai, 2017 (Jour entier)

L’entrepreneuriat social comme outil de développement économique durable : rencontre avec Natalie Voland, présidente de Gestion immobilière Quo Vadis, qui transforme depuis 20 ans le Sud-Ouest de Montréal avec un dynamisme et une vision à toute épreuve.

Natalie Voland est une travailleuse sociale dans l’âme. Après l’obtention de deux baccalauréats, l’un en sciences politiques et l’autre en service social, elle cumule des expériences de travail comme intervenante au YMCA ou encore au service des soins intensifs de l’Hôpital général de Montréal. En 1996, son père tombe malade et il lui demande de rejoindre l’entreprise familiale de promotion immobilière. La voilà propulsée dans le secteur immobilier aux antipodes de son domaine.
Elle construira son parcours en jumelant ces « deux mondes » aux valeurs et aux compétences bien différentes entre lesquels elle arrivera à créer des ponts. « Cela a été un grand défi, car les promoteurs immobiliers regardent le profit immédiat alors que les travailleurs sociaux regardent la communauté autour ainsi que les conséquences à long terme. » nous confie-t-elle lors d’une entrevue téléphonique.

Développer une ville économique et durable

Depuis plus de 20 ans, Mme Volant participe à revitaliser le quartier du Sud-Ouest avec comme mission la préservation du patrimoine urbain et la création d’emplois. Pour elle, il est tout à fait possible de « faire de l’argent de façon responsable et collective. Il est réaliste de prendre soin de notre communauté pour créer des valeurs et des richesses qui bénéficieront à tout le monde. Pour moi, c’est être innovateur! »

Aujourd’hui, elle est à la tête d’un parc de 1,5 million de pieds carrés répartis dans une dizaine d’immeubles. Les 500 locataires de ses édifices rénovés, en bordure du canal Lachine et dans le Quartier de l’innovation (QI), sont des travailleurs autonomes et de petites entreprises qu’elle « aide à grandir ». En 20 ans d’exercice, deux constats : elle a participé à la création de plus de 3000 emplois et plus de 90 % de ses locataires lui sont fidèles depuis 10 ans. Son secret, offrir des baux d’une plus courte durée à des prix plus bas que le marché. Mme Volant vise un développement économique durable.

La transformation de l’église Saint-Joseph

Au-delà de l’impact social, Mme Voland place la responsabilité environnementale au cœur de ses préoccupations. « L’histoire et le développement urbain sont très liés. » Elle voue une passion à la réhabilitation d’anciens immeubles de valeur historique. Comment les réutiliser? Comment intégrer la richesse de leur histoire avec notre société actuelle?
La rénovation de l’église Saint-Joseph, située au cœur du Quartier de l’innovation, en Salon 1861 est le dernier né de Mme Voland. « Une naissance qui s’est avérée plutôt difficile » nous avoue-t-elle en riant. Cet édifice était abandonné depuis plusieurs années et personne ne savait quoi en faire.

« Cela a pris plusieurs années pour savoir quoi faire avec cette église. Mais en travaillant avec le Quartier de l’innovation, l’ÉTS, McGill et Concordia et on a trouvé des vocations à l’intérieur de l’immeuble de façon très intégrée avec la communauté. Une église était un lieu de rassemblement pour la communauté. Nous avons donc décidé de garder cette vocation, mais de la moderniser de façon inclusive et rentable » À noter que le projet n’a reçu aucune subvention gouvernementale.

Le Salon 1861 est un lieu multifonctionnel avec un restaurant, des espaces de bureau, un espace pour la tenue d’évènements, le laboratoire de culture urbaine de McGill. « Le QI a été notre carte routière pour bâtir les valeurs du Salon. Nous y avons inclus les quatre piliers qui forment notre société : universités, entrepreneurs, citoyens locaux, organismes communautaires et entreprises privées. Si on peut inclure ces 4 piliers sur tous nos projets, on sait que l’on va dans la bonne direction. »

Bâtir le futur

Pour Mme Volant, l’impact social ou environnemental ne se substitue pas aux rendements financiers, il s’y ajoute. Selon elle, la définition de « succès » devrait être repensée. « «Le succès est-il seulement de gagner de l’argent, ou bien plutôt de pouvoir observer un jour la fierté que mes filles auront lorsqu’elles regarderont ce que j’ai accompli dans la vie?» »
En observant les différences qui s’opèrent entre la génération X et Y par exemple, cette question est tout à fait légitime. Aujourd’hui, les nouvelles générations recherchent plus qu’un chèque de paye. Ils recherchent une qualité de vie au travail afin de mieux intégrer vie professionnelle et vie familiale. Selon Mme Volant « les choses changent et c’est une opportunité de faire les choses autrement; ce n’est pas un défi. »

Mme Volant aimerait que Montréal soit un modèle en développement durable. Si la ville veut être innovante, « il faut aussi faire les choses autrement tout en conservant les valeurs, très connues, de la société montréalaise : une ville conviviale, intégrée, culturelle qui valorise la différence. » Mais pour y arriver, elle souligne le besoin de transformer les règlementations des différents quartiers de la ville pour qu’ils valorisent également cette façon de penser.

Dans ses rêves les plus fous, le QI de demain serait « une zone WiFi très cool où dès que l’on entre en marchant, on peut savoir qu’il y a telle compagnie qui fait ça, ou que tel habitant vit ici depuis 5 générations. » Elle imagine une technologie capable de faire les liens entre tous les publics du Quartier : entreprises, start-ups, universités et populations.

 

Natalie Voland : une entrepreneure sociale du 21ème siècle