Montréal sous la loupe du CRIEM

Montréal sous la loupe du CRIEM

Directeur,
Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises (CRIEM)

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Formation & Recherche
  • Social & Culturel

Mots-clés

  • Montreal
  • recherche
  • diversité
  • McGill University

Montréal sous la loupe du CRIEM

Publié le:
17 novembre 2017
Date de l'événement:
Vendredi, 17 novembre, 2017 - 09:30

Par Christine Lacaze

Montréal est une ville de diversité, de pluriculturalité où se croisent cultures et langues, en plus d’être le moteur économique du Québec. Le Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises (CRIEM) est le premier du genre : il a comme objet de recherche la ville de Montréal. Il vise à faire briller la ville en incitant à passer à l’action et c’est pourquoi il réunit des chercheurs venus des facultés des arts, de droit, de génie et des sciences, de l’École de musique et même d’autres universités québécoises.

La genèse du CRIEM

Tout a commencé à la suite d’une vaste consultation menée en 2011 et 2012 par Stéphan Gervais (aujourd’hui coordonnateur du CRIEM) et Pascal Brissette (directeur du CRIEM) au sein de l’université de McGill ainsi que d’autres universités à travers le Québec. À l’époque, les deux collègues pensaient que leur université pouvait renforcer sa contribution aux études québécoises. Mais comment? Et de quelle façon? M. Brissette raconte : « En faisant une sorte de cartographie des études à travers la province, on s’est rendu compte qu’il ne manquait pas un autre centre de recherche sur le Québec, mais une mise en lumière de la ville Montréal : Montréal comme objet d’étude et contribution spécifique à une meilleure connaissance du Québec. » Voilà la proposition qu’ils ont faite à McGill et qui a eu de fortes résonnances! Il ajoute : « Il manquait un centre de recherche sur Montréal, mais aussi un centre de recherche dont l’interdisciplinarité embrasserait des recherches beaucoup plus larges que celles des études urbaines traditionnelles. »

En effet, pour la première fois, les membres du CRIEM représentent des disciplines aussi diverses que l’architecture, la communication, l’économie, le droit, la géographie, l’histoire, la littérature, la musique, la philosophie, la science politique, la psychologie et l’urbanisme. Tous se penchent sur les diverses réalités montréalaises, incluant son architecture, sa culture, sa diversité ethnique, sa gouvernance, son histoire, ses langues, ses littératures, sa politique, ses institutions démocratiques et ses dynamiques urbaines.

« Notre centre s’est constitué après un long exercice de cartographie, d’observation du terrain et des besoins qui nous semblaient criants, non seulement pour la recherche, mais également pour la ville », ajoute M, Brissette.


Audray Fontaine, Pascal Brissette et Stéphan Gervais, respectivement coordonnatrice du Programme de professeur praticien de la Fondation McConnell, directeur du CRIEM et coordonnateur scientifique du CRIEM.

Un centre à l’image de Montréal

« Quand on regarde les grands centres universitaires à travers le monde, on s’aperçoit qu’ils épousent leur objet, c’est-à-dire qu’ils en viennent à ressembler à l’objet qu’ils étudient. Notre centre, par exemple, s’intéresse de façon assez importante aux questions de culture et de langue (très importante au Québec et à Montréal). Il est d’ailleurs installé dans la faculté des arts de McGill, ce qui embrasse tout à fait la complexité Montréalaise », explique M. Brissette.

En avril 2016, le CRIEM a reçu le statut de centre officiel à McGill. Depuis, il est en grande transformation et de nombreuses bonnes nouvelles ont été révélées lors du troisième anniversaire de « Je fais Montréal », notamment un soutien financier d’un million de dollars de la part de la BMO.

Aujourd’hui le CRIEM évoque deux missions principales :

  • - Stimuler et fédérer la recherche interdisciplinaire sur Montréal
  • - Établir des partenariats avec les milieux communautaires, culturels, des affaires, de l’entrepreneuriat, etc.

Il compte maintenant six axes de recherche (au lieu de cinq) :

  • 1. Culture numérique, art, littérature et performance (dirigé par Will Straw)
  • 2. Langues, appartenance et plurilinguismes (codirigé par Patricia Lamarre et Gillian Lane-Mercier)
  • 3. Économie, innovation et transformations sociales (dirigé par Richard Shearmur)
  • 4. Mobilité, aménagement et environnement
  • 5. Gouvernance, institution et participation citoyenne (codirigé par Hoi Kong et Daniel M. Weinstock)
  • 6. Immigration, conditions de vie et religions (codirigé par Frédéric Dejean et Annick Germain)

Les bureaux du CRIEM sont situés au 3438, rue McTavish.

Interdisciplinarité et partenariats

Difficile d’imaginer qu’avant le CRIEM, Montréal n’avait jamais fait partie de la mire des chercheurs. Ce qui différencie le CRIEM est aussi le regard croisé qu’il apporte sur la ville. Mais pas seulement. « Si les recherches du CRIEM portent sur la ville, c’est aussi un centre qui veut s’incruster dans la ville. », explique M. Brissette. En effet, le centre de recherche travaille beaucoup avec des partenaires à l’extérieur de l’université afin que les recherches servent concrètement à des organismes, des startups, des associations de citoyens, etc. L’équipe du CRIEM travaille actuellement à développer des partenariats officiels avec le Quartier de l’innovation ou encore « Je fais Montréal » afin d’atteindre plus de personnes via d’autres ressources et de travailler main dans la main. Pour M. Brissette, ces collaborations sont essentielles; c’est comme utiliser des « accélérateurs de réseautage ».

Dans un travail de décroisement du monde universitaire, le CRIEM lancera bientôt, en partenariat avec HEC Montréal, un concours qui stimulera l’entrepreneuriat social. À suivre.

Crédits photos: Christinne Muschi
Photo liée au profil de Pascal Brissette: Audrée Wilhelmy

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