L’innovation dans la mire de l’UQAM

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Rectrice,
Université du Québec à Montréal

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  • Communauté

L’innovation dans la mire de l’UQAM

Publié le:
21 mars 2018
Date de l'événement:
Mercredi, 21 mars, 2018 (Jour entier)
Par Isabelle Langlois

La nouvelle rectrice de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Magda Fusaro, a marqué le début de son mandat de 5 ans par le lancement d’un programme ambitieux qu’elle nomme « Une communauté, 10 actions, 100 jours ».  Celle qui succède à Robert Proulx depuis janvier 2018 se donne le défi de mettre sur pied 10 actions prioritaires au cours des prochains mois, passant du développement de l’éducation inclusive à l’élaboration d’une stratégie concertée pour favoriser la contribution de l’UQAM à l'innovation. Entretien avec la femme derrière la vision.

Quelle ligne stratégique visez-vous avec ces actions?

Ce sont dix actions phares qui permettent à l’UQAM de se recentrer, de se valoriser et d’être l’université qu’elle est en réalité, une université importante qui prend sa place dans la cité urbaine. L’UQAM se distingue par des forces incroyables en termes de recherche, de formation, de programmes et d’accompagnement. Chacune de ces grandes actions correspond à des besoins de l’institution, mais aussi de la société québécoise. À cet égard-là, des liens significatifs peuvent être faits avec le Quartier de l’innovation (QI). Nous partageons la même conviction fondamentale que l’innovation est le moteur de transformation de la société. Je crois également que la diffusion est partie prenante de cette transformation parce qu’elle permet le partage des connaissances.

Vous avez d’ailleurs changé le nom du vice-rectorat pour réintroduire l’aspect de la diffusion.

Oui, et il ne s’agit pas que de la diffusion dans des revues savantes ou par les pairs. J’inclus aussi la diffusion dans les médias et les prises de paroles publiques sur des enjeux de société. Le lancement de la campagne majeure de la fondation de l’UQAM, 100 millions d’idées, en fait aussi partie. Elle met justement en valeur le potentiel créatif de cette université que l’on retrouve dans toutes les disciplines et dans tous les domaines de la recherche. C’est ce qui fait de l’UQAM une université extrêmement riche et foisonnante.

Votre collaboration avec le QI vous permettra de mettre en lumière cette dimension?

Ce partenariat est une tribune privilégiée pour démontrer comment nous contribuons à l’innovation sociale de mille et une manières. Par exemple, nous sommes la seule université à détenir un service aux collectivités dont la mission première est de créer des liens entre les expertises de l’UQAM et les besoins du milieu. Le renforcement de la coopération entre l’UQAM et le QI par les ateliers, Sommets ou initiatives conjointes permettront un rayonnement bénéfique. Cette collaboration s’inscrit dans une expérimentation sociale que je trouve formidable.

Vous savez, on entend souvent que l’UQAM est l’université du peuple à Montréal. Elle a la réputation d’être socialement engagée dans son milieu.

C’est une université qui travaille pour la société et nous le réitérons chaque fois que nous le pouvons. Elle se démarque de par son positionnement. Cette distinction se traduit par certains de nos programmes comme celui en études féministes qui est unique ou sa population étudiante composée à 46% d’universitaires issues de premières générations. Par ailleurs, des personnes pourraient avoir le sentiment que l’UQAM n’est qu’une université en grève, mais même cet aspect est important pour moi puisque nous formons des citoyens et des esprits critiques. Lorsqu’on me demande ce qu’est l’UQAM, je réponds toujours la meilleure des universités en raison de cette tradition de connivence avec le milieu. Je veux renforcer ce message et le rendre positif.

Cet aspect social, vous le vivez notamment par la consultation qui est au centre de votre démarche?

Je suis effectivement quelqu’un qui consulte beaucoup. Au cours des prochaines semaines, je vais m’assoir avec les différentes associations afin de nouer un lien de confiance. Je veux établir un dialogue dans le respect des opinions, de la diversité des genres et des pensées. Je connais bien l’UQAM parce que j’ai été étudiante et j’ai eu la possibilité d’occuper plusieurs postes. Je n’en comprends pas seulement les besoins, mais aussi les logiques. Nous accueillons beaucoup de communautés différentes ici et il faut rester ouvert. Parfois, des décisions de la direction pourront sembler tout de même à l’encontre de certains groupes. Avec 41 000 étudiants et 5 000 employés, on ne peut pas tous être du même avis.

Qu’est-ce qui distinguera justement votre gestion?

Je milite pour la diversité, la beauté et le respect du genre humain, sous toutes ses formes. On peut toujours régler des problèmes administratifs, technologiques, même organisationnels,  mais il ne faut jamais nier le facteur humain. Les employés de soutien, les cadres, les chargés de cours, les professeurs, les étudiants ou les diplômés, chacun d’entre nous contribuons à l’UQAM.

Vous semblez être bien en selle depuis votre entrée en poste.

Je le suis, mais c’est quand même un métier difficile. Nous naviguons dans des réalités complexes, avec des besoins extrêmement diversifiés et des contextes budgétaires arides.  Comme rectrice je suis appelé à intervenir,  construire, engager, gérer, et ce, à l’interne comme à l’externe. J’enchaine des journées qui sont incroyables!

Croyez-vous que vous réussirez votre défi de 10 actions en 100 jours?

Je compte bien atteindre mon objectif. Actuellement, le tiers de mes 10 actions sont déjà lancées! Attention, je parle tout de même de 100 jours ouvrables ici. Je veux bien bosser les samedis et dimanches, mais on va me donner quelques journées de plus parce que contrairement à moi, la communauté ne travaille pas la fin de semaine! (rires)

Le Quartier de l’innovation, l’UQAM et C2 Montréal préparent la 7e édition du Sommet de Montréal sur l’innovation (SMI) qui aura lieu le 23 mai prochain lors du grand rassemblement C2 Montréal. Cette année, le SMI aura pour thème « Entrepreneuriat + Impact social : accroître le potentiel de collaboration dans la métropole » et proposera six activités inédites aux entrepreneurs, chercheurs universitaires et autres acteurs du milieu en vue de propulser l’innovation dans la métropole. En savoir plus!

Crédit photos 1 et 2: UQAM

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