Le Rodier : un lieu dédié à l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal

Le Rodier : un lieu dédié à l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal

Co-Fondateur et Président du conseil d'administration,
La Piscine

Catégories

Social & Culturel
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Mots-clés

  • la piscine
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Le Rodier : un lieu dédié à l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal

Publié le:
15 novembre 2017
Date de l'événement:
Mercredi, 15 novembre, 2017 (Jour entier)

Par Christine Lacaze

Quand on parle d’« entrepreneurs », on pense souvent à ceux qui sont à l’origine de la création d’un nouveau produit, d’une nouvelle qualité à un produit existant, d’une méthode de production, etc. Pourtant, les activités culturelles ont aussi adopté des rythmes d’innovation et de créativité inédits. Rencontre avec David Santelli, président du conseil d’administration de La Piscine, premier incubateur spécialisé dans le développement des industries culturelles et créatives à Montréal.

L’entrepreneur culturel : un entrepreneur comme les autres?

Pour Monsieur Santelli, bien que Montréal bouillonne d’incubateurs, d’accélérateurs et de volonté d’entrepreneuriat, il y avait un manque dans le secteur culturel. Dès 2010-2011, les grandes villes culturelles comme Paris ou encore New-York commençaient déjà à se doter de structures. Montréal était à la traine… jusqu’à aujourd’hui.

 « Les industries culturelles et créatives représentent à peu près 15 sous-secteurs incluant l’art vivant, le spectacle, la musique, l’audiovisuel, le design, l’architecture… et même la mode. Ce secteur représente 6 % du PIB de la grande région de Montréal, avec plus de 90 000 emplois directs et 50 000 emplois indirect! », explique M. Santelli. Pourtant, beaucoup de ces professionnels, qui font face à la réalité des travailleurs autonomes, ont encore des difficultés à vivre de leur art. Derrière le projet La Piscine, il y avait une volonté de construire un écosystème autour de l’accompagnement culturel et créatif afin d’arriver à « réconcilier les tensions entre l’artiste et l’homme d’affaires ou l’entrepreneur. » Mais pour porter le projet à un autre niveau, l’OSBL avait besoin de s’installer dans un lieu iconique de Montréal afin de créer un espace physique de rencontre et d’échanges entre les différents acteurs de l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal. « On voulait que ce projet s’incarne dans le cadre du Quartier de l’innovation (QI) parce qu’il y a un lien à faire entre la technologie, les nouveaux usages, etc. L’ancrage dans le QI était donc important, et assez rapidement on a identifié un lieu : le Rodier », raconte M. Santelli.

Le Rodier : « hub » de l’entrepreneuriat culturel et créatif

À l’époque, Le Rodier, propriété de la Ville de Montréal, était abandonné et attendait sa reconversion. C’est la rencontre, suivi d’un partenariat solide, avec Georges Coulombe, promoteur immobilier mécène et citoyen très engagé dans la valorisation du patrimoine du Québec, qui permettra d’approcher le rêve de la réalité. « On veut que ce projet dépasse le simple projet d’accélérateur d’entreprises; on veut que Le Rodier devienne le point de rencontre, le point de passage pour l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal. », explique M. Santelli.

Pour ce dernier, Montréal foisonne de talents et il est temps d’avoir les structures adaptées pour les soutenir. Dans son discours prononcé lors de l’annonce du projet, il ajoute : « La Piscine s’est donnée pour objectif d’accompagner des entreprises et des OBNL ayant un fort potentiel de développement économique… et social… et a lancé au printemps 2016 un premier programme pilote d’accompagnement pour mieux comprendre les besoins des entrepreneurs voulant optimiser leur proposition de valeur, avoir accès aux marchés à l’international (dans un secteur où de nombreuses entreprises sont des “born global”. »

L’ouverture officielle est prévue à l’automne 2018. Le bâtiment, sur cinq étages, totalise une surface d’environ 26 000 pieds carrés. Le projet du Rodier est d’établir un lien fort et d’être un point de convergence entre le patrimoine montréalais et l’expression de l'innovation culturelle. Pour cela, son intérieur sera divisé en trois zones :

●     Un espace public : lieu de passage et de transit pour les entrepreneurs avec des espaces de restauration et d’échanges, des expositions, des conférences, et autres.

●     Une maison de l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal : avec des espaces de travail, la présence de différentes organisations partenaires pertinentes pour le développement de l’écosystème, notamment des institutions d’enseignement supérieur que ce soit au niveau collégial ou universitaire.

●     Une offre de programmes d’incubation et d’accélération d'entreprises.

Quelles nouveautés seront attendues?

M. Santelli nous répond : « Je ne peux malheureusement pas tout dévoiler, mais il y a des projets en cours qui viseraient à être beaucoup plus proactifs sur le développement de l’écosystème entrepreneurial au niveau même de la programmation. Actuellement, il existe déjà deux programmes au niveau de La Piscine qui a temporairement élu domicile au 409 St Nicolas dans le Vieux-Montréal: Le Petit Bassin, un programme court de quatre mois qui vise à amener les entrepreneurs à un premier niveau de réflexion sur la proposition de valeur de leur entreprise et leurs capacité à l’aligner dans un plan d’action efficient – on les encourage d’ailleurs à commencer par Le Petit Bassin avant d’entrer dans le second programme. Les entreprises qui seront plus avancées sur leur projet pourront intégrer directement Deep Dive, le second programme de six mois où l’on travaille de façon intensive avec nos entrepreneurs sur la manière de développer des revenus ou préparer une stratégie de financement. Ce programme peut aussi être étendu dépendamment des besoins. »

Stimuler le secteur des industries culturelles et créatives à Montréal

Outre le fait que l’industrie culturelle est importante sur un plan économique et social, elle est aussi une part de l’identité montréalaise. Pour M. Santelli « si on veut maintenir cette force culturelle, il faut qu’elle se développe aussi dans des modèles d’économie durables. Fondamentalement, ces industries sont très importantes, car ce qui constitue une société intéressante et dynamique a une répercussion directe sur d’autres industries. » Une économie qui se révèle, par sa plasticité, être le laboratoire des entreprises de demain.

Le Rodier : un lieu dédié à l’entrepreneuriat culturel et créatif à Montréal