Filles Fattoush, une recette à l’intégration

Filles Fattoush, une recette à l’intégration

Co-Fondatrice,
Filles Fattoush

Catégories

Social & Culturel
  • Industriel

Mots-clés

  • réfugiés
  • syrie
  • intégration
  • solidarité
  • partage

Filles Fattoush, une recette à l’intégration

Publié le:
29 mars 2018
Date de l'événement:
Jeudi, 29 mars, 2018 (Jour entier)
Par Isabelle Langlois

Au menu du traiteur Filles Fattoush, on retrouve beaucoup plus que de délicieux plats syriens. L’entreprise s’est donné une mission à saveur sociale, celle de favoriser l’intégration de réfugiées syriennes en leur offrant un premier emploi au Québec comme cuisinières.

Ce projet innovant a été mijoté par Josette Gauthier, une cinéaste-documentaire et productrice. Il y a plus d’un an, un tournage sur une soupe populaire dans un camp de réfugiés en Italie l’a sensibilisée à la réalité difficile des émigrés. Elle s’est alors particulièrement intéressée à l’arrivée des 7 500 Syriens au Québec et aux moyens de les aider de manière durable. Une rencontre avec un activiste qui formait les femmes pour cuisiner dans les camps de réfugiés au Liban a concrétisé l’idée d’un service de traiteur social.

Filles Fattoush voyait le jour quelques mois plus tard en septembre, grâce à son travail et celui de sa partenaire Adelle Tarzibachi, elle-même d'origine syrienne. « Nous sommes au moment où il faut penser à des solutions à long terme. Filles Fattoush est un pas dans cette direction.»  

Le parrainage des familles permet en effet de faciliter leur accueil, mais ce soutien ne dure qu’un an. Au treizième mois alors qu’il est question d’intégration, les ressources se font plus rares et les défis sont aussi nombreux. La formule du traiteur s’est présentée comme une solution à plusieurs d’entre eux.

L’entreprise est un exemple concret d’innovation sociale : elle donne un emploi et de l’autonomie financière d’une part, mais permet également de mettre la table aux échanges entre les Syriennes et Québécois. En servant leurs mets, les filles Fattoush peuvent discuter de leur culture avec ceux qui le veulent et à leur tour en apprendre davantage sur leur nouveau pays d’accueil. Cette approche a alors un impact positif sur l’ensemble de la collectivité, et ce, de manière durable. 

Les Québécois ont donc l’occasion de découvrir la culture syrienne et de mieux comprendre la condition de réfugiés. «Les Syriennes arrivent avec beaucoup de bagages : la vie qu’elles ont laissée, la mort, la destruction, énumère Josette. Ensuite, elles doivent apprendre une nouvelle langue, se trouver un emploi et combattre l’isolement. » Les contrats engendrent ce dialogue qui aura une portée bénéfique pour l’intégration des cuisinières de Filles Fattoush comme de toute la communauté syrienne. « Le repas est historiquement et symboliquement un moment privilégié pour le partage. On le sait, la nourriture est un élément unificateur », fait remarquer Josette.

Aujourd’hui, une quinzaine de femmes s’activent en cuisine pour le plaisir des papilles de sa clientèle. Puisque le projet est encore à ses débuts, les fondatrices attendent d’avoir les reins solides avant de viser plus grand. Toutefois, les idées ne manquent pas. Les deux entrepreneures ont déjà pensé à l’ouverture d’un foodtruck ou de kiosques dans les marchés publics entre autres. Elles envisagent également des possibilités qui transcendent l’élément traiteur. « On voit le potentiel de grossir comme entreprise, mais nous voulons aussi travailler sur l’aspect social en organisant des tables rondes ou des conférences afin de sensibiliser la société québécoise aux réalités des réfugiés. »

La dimension formation n’est pas non plus négligée. Dans le même souci de favoriser l’autonomisation des Syriennes à différents niveaux, les cofondatrices désirent former la relève à prendre en main certaines tâches du traiteur. « Ce sont des femmes très compétentes qui pourront s’occuper de divers postes au sein de l’entreprise et ainsi avoir une expérience de travail au Québec à ajouter à leur CV. » Les cuisinières qui composent l’équipe ont toutes des profils bien différents. Même si elles pratiquaient le droit ou l’enseignement en Syrie par exemple, elles trouvent une fierté à être derrière les fourneaux. Un emploi permet de retrouver une certaine dignité, rappelle Josette.

En rencontrant les réfugiées syriennes, la réalisatrice a remarqué à quel point elles sont reconnaissantes d’être ici. « Elles remercient les Canadiens et les Québécois d’avoir cette possibilité de recommencer une nouvelle vie. Voir ces femmes qui sourient et qui sont heureuses, il n’y a rien de plus motivant. »

Cette même joie, on la retrouve aussi comme ingrédient aux plats des Filles Fattoush. « La cuisine syrienne est riche en saveur, voire en bonheur, témoigne Josette. C’est une nourriture qui a tellement une belle tradition de partage qu’on y goûte ces échanges heureux.»

Le travail de cette entreprise sociale ouvre l’appétit comme les cœurs!

Numéro de téléphone: (514) 834-9277
Courriel: BONJOUR [at] LESFILLESFATTOUSH.COM
Site internet: Les Filles Fattoush

Filles Fattoush, une recette à l’intégration