Dobson Centre for Entrepreneurship: bâtir une culture entrepreneuriale au sein de McGill

Dobson Centre for Entrepreneurship: bâtir une culture entrepreneuriale au sein de McGill

Renjie Butalid
Conseiller en Marketing et Opérations,
Dobson Centre for Entrepreneurship

Volets du QI

Formation & Recherche
  • Industriel

Mots-clés

  • Dobson Centre for Entrepreneurship
  • McGill University

Dobson Centre for Entrepreneurship: bâtir une culture entrepreneuriale au sein de McGill

Published on:
22 juin 2017
Date de l'événement:
Jeudi, 22 juin, 2017 (Jour entier)

Fondé en 1988, le McGill Dobson Centre for Entrepreneurship suscite un intérêt grandissant dans la communauté entrepreneuriale montréalaise. Cet intérêt est attribuable en partie à la Coupe Dobson de McGill, une compétition durant laquelle les jeunes entreprises rivalisent entre elles pour se partager une somme de financement de démarrage dans les six chiffres, mais aussi à la qualité des événements qui ont été organisés dans le cadre de la compétition de la dernière année. Le dernier événement public du Centre, intitulé The Business of Artificial Intelligence, a suscité un intérêt exceptionnel en ligne et a attiré plus de 300 participants!   

Voici une rencontre au cours de laquelle Renjie Butalid, conseiller en marketing et exploitation au McGill Dobson Centre for Entrepreneurship et éditeur des Dobson Chronicles, explore cette dynamique organisation de campus et les efforts qu’elle déploie pour développer les meilleurs entrepreneurs de Montréal.

Qu’est-ce que le Dobson Centre for Entrepreneurship?

RB : Le Centre Dobson est le pôle de l’activité entrepreneuriale à l’Université McGill. Nous découvrons, formons et développons des entrepreneurs à l’université même. C’est vraiment un endroit où nous pouvons, d’une part, aider les jeunes entrepreneurs potentiels de la communauté mcgilloise qui ont une idée à la transformer en réalité. D’autre part, c’est aussi une chance pour des entrepreneurs prospères, anciens étudiants de McGill, de renouer avec l’université en donnant de leur temps et de leur expérience et en mettant leur réseau au service de ces entrepreneurs émergents afin de les aider à mettre leurs idées à exécution.  

Comment en êtes-vous arrivé à vous joindre au Centre Dobson?

RB : Je suis arrivé au Centre il y a environ un an et demi comme conseiller en marketing et exploitation. J’étais passé par Waterloo et Toronto, où j’avais travaillé sur quelques jeunes entreprises avec un certain succès, avant d’arriver à Montréal… Quand j’ai déménagé à Montréal, je me proposais de repartir à neuf, mais je voulais en même temps trouver un moyen de faire le bilan de ma propre expérience et de redonner. Lorsqu’une occasion de me joindre à leur équipe s’est présentée, je me suis dit que c’était l’emploi parfait parce qu’il me donnait la possibilité de profiter de la marque et de l’institution que représente McGill tout en étant capable d’accomplir d’excellentes choses dans une université qui jouit d’une renommée mondiale dans le domaine de la recherche et qui consacre un budget de 500 millions de dollars par année pour le financement des recherches.

En quoi le Centre Dobson diffère-t-il des initiatives offertes sur d’autres campus?

RB : Ici à McGill, nous nous y prenons de deux façons pour bâtir une culture entrepreneuriale. Il y a l’approche ascendante et l’approche descendante. Nous avons un réservoir incroyable de potentiel — parce que McGill a un grand nombre d’étudiants, des professeurs incroyables et des chercheurs de classe mondiale —, qui permet de former des équipes qui se consacrent à des idées capables de changer le monde à partir de recherches scientifiques. Nous développons ce potentiel dans le cadre du McGill Lean Startup Program, ainsi que lors de tous nos événements et ateliers automnaux et hivernaux en préparation pour la compétition de la Coupe Dobson pour les jeunes entreprises. Après la Coupe Dobson, nous passons au programme d’accélération d’entreprises en démarrage McGill X-1 Accelerator, dont l’idée est d’aider les jeunes entreprises les plus avancées à en arriver au point où elles sont prêtes à se lancer, prêtes à entreprendre une tournée des investisseurs et à mobiliser du capital d’amorçage.

Je pense que l’approche ascendante rencontre l’approche descendante là où vous avez besoin de l’appui de l’université. Je crois que c’est là un legs de la doyenne Suzanne Fortier, qui a fait de l’innovation et de l’entrepreneuriat des piliers centraux du programme de McGill pour les années à venir.

Les deux approches commencent maintenant à fonctionner en tandem parce que nous sommes vraiment en train de produire des résultats concrets. Nous ne nous contentons pas de nous engager à soutenir les jeunes entreprises, nous les soutenons véritablement. Nous ne nous contentons pas de dire que nous allons créer de jeunes entreprises qui finiront par donner du travail à beaucoup de gens, nous avons effectivement créé ou contribué à la création de 125 jeunes entreprises actives, selon le dernier décompte, qui emploient 1 200 personnes et qui, collectivement, ont mobilisé un financement en capital de 100 millions de dollars.

Votre programme d’accélération d’entreprises en démarrage X-1 vient d’être lancé le 5 juin. Pouvez-vous m’en parler un peu?

RB : Le X-1 est conçu sur le modèle du Global Founder Skills Accelerator du MIT, maintenant appelé le MIT Delta V. Tout a commencé lorsque nous avons envoyé au Massachussets Institute of Technology une équipe de McGill en démarrage d’entreprises en 2013 et en 2014… et donc, en 2015, nous nous sommes dit qu’au lieu d’envoyer des équipes au MIT, nous pourrions créer notre propre programme! En 2015, cinq équipes ont complété le programme X-1; il y en a eu six en 2016 et, cette année, nous nous attendons à ce que neuf équipes soient admises au programme X-1.

Le postulat est vraiment de capitaliser sur le concours de la Coupe Dobson, dont les gagnants sont idéalement de jeunes entreprises que les juges et les mentors ont identifiées comme ayant le plus grand potentiel… Nous prenons ces équipes [ou celles qui correspondent à ce profil] et nous les accompagnons jusqu’au point où nous savons qu’elles sont capables de faire grandir leur entreprise en une année. Nous remettons la somme de 5 000 dollars à chaque fondateur inscrit au programme et jusqu’à un maximum de 15 000 dollars à chaque équipe. Si les investisseurs fournissent un financement de démarrage entre 250 000 et 500 000 dollars à une entreprise de technologie, par exemple, ou un financement entre 1 et 1,5 million de dollars à une entreprise de technologie médicale, les jeunes entreprises sont prêtes à présenter leurs projets et à solliciter des investissements. Mais attention, le fait de mobiliser d’importants capitaux n’est pas toujours une garantie de réussite, mais plutôt un signe que vous avez de meilleures chances de réussir maintenant que vous avez les ressources qui vous permettent de faire grandir votre entreprise. L’idée est de vraiment appuyer la croissance de ces jeunes entreprises tout en nous concentrant sur la croissance et le développement des entrepreneurs inscrits au programme X-1.

Y a-t-il des histoires de réussite au Centre Dobson?

RB : Flatbook, maintenant connu sous le nom de Sonder [un service de location de logements semblable à Airbnb offrant la commodité et la constance d’un hôtel], en est une! Flatbook ne s’est même pas rendu aux finales la Coupe Dobson… Ils ne se sont pas rendus en finale, mais un des juges s’est intéressé à eux et les a mis en contact avec d’autres mentors et investisseurs, il les a aidés à traverser l’étape du décollage initial, et ils sont maintenant devenus une entreprise florissante. Sonder est sur la liste des principales entreprises de technologie à surveiller et ils viennent de terminer une tournée de 10 millions de dollars… C’est une véritable histoire de réussite.

Selon vous, quelle est la force de l’écosystème des jeunes entreprises au niveau de l’université ?

RB : En replaçant cette question dans un plus large contexte, je dirais que si les universités se considéraient comme des réseaux et des réservoirs de talents pour ces jeunes entreprises, elles contribueraient de façon importante à mettre Montréal, et peut-être même le Québec, sur la carte. Je pense que beaucoup d’universités adoptent déjà cette approche : nous constatons d’importantes perturbations dans de nombreux domaines, dans de nombreuses industries… Nous voyons émerger de nombreuses jeunes entreprises qui défient des joueurs plus importants et l’emportent sur eux parce que les gros joueurs sont devenus complaisants et que ces jeunes entreprises ont découvert une brèche. Même la façon dont les universités enseignent l’entrepreneuriat a évolué.

Dans l’ensemble, cette situation est salutaire à l’écosystème entrepreneurial. Les universités peuvent changer les mentalités et équiper les gens de ressources qui leur permettent de transformer leurs idées en réalité au-delà du financement — il vous faut des outils, des connaissances, une communauté de gens avec qui vous pouvez essayer des idées, il faut que vous assistiez à des événements où vous pourriez faire d’heureuses rencontres fortuites avec des gens qui pourraient être vos prochains fondateurs, cofondateurs, fournisseurs, investisseurs, etc. Mais, pour nous, ce n’est pas un jeu à somme nulle. Le fait que Dobson marche bien ne veut pas dire que HEC, Concordia, l’ÉTS et d’autres universités n'ont pas aussi leur place.

Quelle est la position du Quartier de l’Innovation à Montréal, et quels genres de collaborations croyez-vous que le Centre Dobson devrait encourager avec les organisations de l’extérieur du campus?

RB : Je vois ça comme une façon d’aider des gens qui habitent à cet endroit particulier ou autour de celui-ci de commencer à penser de manière innovante. Ça rassemble les gens. On lit souvent que, lorsqu’on soutient des groupes ou des grappes d’entreprises en démarrage, on voit naître davantage d’innovations susceptibles de se traduire par des impacts économiques qui, en fin de compte, pourraient vouloir dire de nouvelles entreprises, de nouveaux emplois et des hausses de revenus permettant aux gens de prendre une part plus active au développement de l’économie. Avec la triple vision des résultats du QI, vous avez affaire à plus qu’à l’aspect financier. Pour moi, c’est là son rôle.

Comme entreprise, nous ne pouvons pas étendre complètement notre mandat en dehors de McGill parce que notre mandat est de développer une plateforme entrepreneuriale à McGill même. Cela dit, pour les ateliers et les événements que nous avons tenus [au cours de la présente année universitaire], nous avions prévu un programme d’événements avec des dates et des lieux précis, ce qui nous a permis de coordonner notre calendrier d’événements avec celui de gens intéressés à y assister. Si nous pouvions accroître notre rayonnement tout en préservant l’excellence de nos offres de base, nous travaillerions en collaboration avec les événements planifiés au cours de l’année pour en faire une promotion croisée de manière à ce que la clientèle du QI puisse y participer. Cette création de synergie sans dédoublement d’efforts pourrait être reprise dans le cadre de collaborations avec d’autres organisations.

Pouvez-vous nommer quelques gros joueurs de la scène entrepreneuriale montréalaise ?

RB : Les gens d’iNovia Capital retiennent l’attention. Montreal NewTech fait un excellent travail et organise tellement d’événements qu’on a peine à suivre! Le premier événement entrepreneurial auquel j’ai assisté à Montréal avait été organisé par Montreal NewTech. Il y a aussi FounderFuel, Real Ventures… et, bien entendu, Notman House comme plateforme de collision d’idées — et c’est tout simplement un endroit où il est agréable de traîner!

Jusqu’ici, la formation du McGill X-1 Accelerator a été spectaculaire — on peut trouver un résumé hebdomadaire du programme sur Dobson Chronicles. Le Centre Dobson restera ouvert tout l’été et pourra être visité au Pavillon Bronfman au 1001, rue Sherbrooke Ouest.

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