Connecter d’un océan à l’autre - Entretien entre Damien Silès et l'honorable Scott Brison

Connecter d’un océan à l’autre - Entretien entre Damien Silès et l'honorable Scott Brison

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Connecter d’un océan à l’autre - Entretien entre Damien Silès et l'honorable Scott Brison

Publié le:
9 octobre 2018
Date de l'événement:
Mardi, 9 octobre, 2018 (Jour entier)

Le Ministre fédéral du Gouvernement numérique et Président du Conseil du Trésor, l’honorable Scott Brison, était de passage le 23 septembre dernier à Montréal dans le cadre du Global Progress 2018 Summit. Le directeur général du Quartier de l’innovation, Damien Silès, s’est entretenu avec le député. Rencontre entre deux hommes passionnés d’innovation numérique.

Damien Silès : Le Quartier de l’innovation a comme mission de cultiver un écosystème d’innovation avec l’aide des citoyens, du secteur privé et des partenaires académiques. Le développement digital fait donc parti de nos champs de compétences et d’intérêt. Quelle est la définition d’un gouvernement numérique?

Scott Brison : Comme vous le savez, le numérique nous donne aujourd’hui le pouvoir d’améliorer la vie des citoyens comme jamais auparavant. Nous pouvons offrir plus qu’un service numérique. Le digital nous permet de renouer la relation entre les citoyens et le gouvernement, de comprendre leur besoin et de leur offrir par la suite.  De plusieurs façons, le secteur privé est à la tête de la modernisation des outils numériques. De ce fait, les gens s’attendent à recevoir les mêmes services pour renouveler leur passeport qu’une compagnie comme Amazon. Dans nos démarches au gouvernement, c’est important de bien se positionner parce que nous voyons là l’opportunité d’améliorer la vie des gens, spécialement celle des plus vulnérables. Dans le passé, nous connections les Canadiens à une adresse physique, mais les personnes avec un statut précaire, ou les personnes sans domicile fixe, n’en avaient pas. De nos jours toutefois, presque tout le monde, même les individus plus vulnérables, possèdent un téléphone ou une adresse courriel. Et l’on retrouve du WIFI gratuit dans plusieurs établissements comme les centres communautaires et les refuges. Ce constat a changé fondamentalement notre manière de gérer les projets liés au numérique. Dorénavant, nous pouvons positionner l’usager au cœur de nos démarches. Nous sommes d’ailleurs aidés par des experts internationaux afin d’optimiser et moderniser nos outils numériques.

« ...le numérique nous donne aujourd’hui le pouvoir d’améliorer la vie des citoyens comme jamais auparavant »

D. S. : Le Quartier de l’innovation partage cette vision. Car avant d’être capable de joindre les citoyens au même titre que le secteur privé, comme vous l’avez évoqué, la municipalité a réalisé que l’acquisition d’outils numériques nécessite un processus long et complexe. Est-ce que vous faites face au même obstacle?

S. B. : Oui, assurément. Mais le changement de culture est plus laborieux encore. Le développement numérique passe par l’innovation, ce qui implique une part de risques. Cette expérimentation, comme on peut la voir dans les projets de smart city ou smart community peut être un succès comme un échec. De par notre rapport avec les citoyens, les gouvernements n’osent habituellement pas prendre de risques.

Ironiquement, les actions les plus téméraires sont souvent les plus fructueuses. Nous avons donc à adapter et à remplacer notre culture de la prudence par une culture qui se rapproche de celle des entreprises et de la prise de risques. Ce n’est pas facile à faire avec un gouvernement, mais c’est possible.

D. S. : Est-ce que vous considérez que c’est votre plus grand défi?

S. B. : Oui, puisque ces changements n’arrivent pas en une nuit! Aussi, la hiérarchie et la structure des gouvernements ne sont pas propices à la flexibilité. C’est assommant à quel point l’on compartimente les gens dans des départements et on les empêche de travailler ensemble, partager leurs idées et leur talent. Nous en sommes conscients et c’est aussi notre mission de changer cette mentalité.

D. S. : Sur l’échiquier mondial, comment le Canada se positionne-t-il dans cette démarche de développement numérique?

S. B. : Le Canada a récemment joint le D7, un regroupement des sept plus grands gouvernements digitaux dans le monde. Nous avons beaucoup de travail à faire encore, mais nous sommes maintenant reconnus pour notre innovation dans le domaine. Dernièrement, nous avons reçu le titre du gouvernement le plus « ouvert » à l’international. Nos données en libre accès permettent de servir les Canadiens, mais aussi de venir en aide aux autres nations. Par exemple, nous travaillons avec d’autres gouvernements en partageant des données publiques afin de prévenir la propagation de maladie infectieuses. Dans ce cas, nos actions de prévention permettent de sauver des vies ici comme ailleurs. La majorité du temps les gens ne reconnaissent pas l’impact des banques de données sur leur existence. Toutefois, si vous ouvrez une application de météo ou si vous recherchez de l’information sur internet, ces actions peuvent être fournies par les données en libre accès de notre pays.

« ...nous sommes maintenant reconnus pour notre innovation dans le domaine digital »

D. S. : Quels sont donc les prochaines étapes pour votre ministère?

S. B. : Nous travaillons à augmenter le nombre de services numériques offerts d’une part et de l’autre afin de rejoindre tous les Canadiens. En tant que deuxième plus grand pays, nous connecter les uns les autres peut représenter un défi. C’est en osant de plus en plus de prototypes et en prenant des risques que nous allons y arriver.

D. S. : Merci beaucoup! Et à très bientôt. 

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