Cinéma de quartier : Film Noir au Canal

Cinéma de quartier : Film Noir au Canal

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Social & Culturel

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  • filmographie

Cinéma de quartier : Film Noir au Canal

Published on:
5 juillet 2017
Date de l'événement:
Mercredi, 5 juillet, 2017 - 14:15

Pour la troisième année consécutive, le festival Film noir au Canal s’installera sur les berges du Canal Lachine, à l'angle des rues Wellington et St-Patrick, du 9 juillet au 13 août.

Un décor parfait

Serge Turgeon est sans aucun doute un résident passionné et très impliqué de son quartier. À partir de 2008, il organise des corvées de propreté avec les résidents du Sud-Ouest, mais peu à peu, l’idée de créer un projet plus festif fait son chemin. « J’ai découvert que j’aimais beaucoup faire des choses avec mes voisins. » Après avoir nettoyé l’espace public, M. Turgeon souhaite désormais l’animer.

Sport, théâtre, musique, il hésite… Son choix s’arrêtera finalement sur le cinéma; Une fois son sujet trouvé, il recherche le lien évident avec le quartier. Les films noirs s’imposent presque naturellement : « C’est un genre qui a très bien vieilli dont beaucoup connaissent le nom, mais pas nécessairement les grands classiques français et américains. De plus l’endroit où les films sont projetés baigne vraiment dans le canal industriel avec les silos et le béton en fond. On se croirait dans un décor de film policier américain des années 50 », indique M. Turgeon. 

« La réponse n’a été que positive »

Si le Canal Lachine est très vivant durant la journée, le soir c’est une autre histoire. « Tout le monde était vraiment très heureux d’apprendre que des bénévoles du quartier voulait animer l’espace public », explique M. Turgeon. 

Dès sa première édition, le festival Film noir au Canal reçoit un accueil extrêmement positif des résidents. « Le premier soir nous étions environ 150 », confie M. Turgeon.  Les passants s’arrêtaient étonnés, venaient questionner à son sujet et prenaient plaisir à rejoindre les premiers participants.

Au fil des éditions, et au contact des visiteurs, le festival peaufine certains de ses aspects. Depuis la deuxième édition, les films sont introduits par des experts en cinéma. Un musicien jazz était également au rendez-vous afin de mettre un peu d’ambiance avant chaque projection. « On a vu qu’il y avait de plus en plus de personnes qui arrivaient tôt, donc notre idée c’était de créer une belle ambiance de pique-nique entre cinéphiles et/ou voisins qui voulaient profiter du site, mais aussi parler un peu de cinéma », commente M. Turgeon.

L’importance d’impliquer ses citoyens

Il y a à peine 50 ans, le quartier était très vivant. Mais dans les années 70, suite aux changements de zonage, il a été délaissé. « Il y a 10 ans, 200 personnes seulement habitaient ici. Le quartier est en train de vivre une grande renaissance et il avait besoin de retrouver son esprit collectif », explique M. Turgeon.

« Je pense que c’est important de créer un esprit communautaire si on ne veut pas être juste un amas de condos. Mais pour ça, on ne peut pas demander à nos élus ou nos fonctionnaires de tout faire. Je pense qu’une vie communautaire riche, même si on n’y participe pas mais qu’on sait qu’elle existe, cela fait du bien à tout le monde. Après on reconnaît nos voisins ou l’on a un sentiment de sécurité lorsque l’on se promène dans le quartier parce que l’on s’est assis dans un parc avec 300 personnes. Nous avons même atteint 1000 personnes un soir l’an passé. »

L’édition 2017

Cette année, le festival Film noir au Canal recevra une plus grande variété de musiciens pour animer le temps des pique-niques d’avant film : trombonistes, trompettistes et joueuses de harpe se relaieront. Des experts en cinéma présenteront les films et, au niveau de la programmation, seront proposés 3 films policiers français avec sous-titres anglais et 3 films américains avec les sous-titres anglais.

Pour Serge Turgeon, c’est si simple de créer pour la communauté. Il travaille à temps plein comme éditeur de produits en papeterie, mais trouve tout le temps nécessaire pour ses activités de citoyen-bénévole. « Si c’était compliqué, je ne pourrais pas le faire », nous confie-t-il en toute modestie.  Et quand on lui demande quelle expérience il souhaite offrir aux personnes qui viennent et comment il imagine le festival dans 5 ans, il nous répond toujours avec la même modestie : « J’aimerais que les gens retiennent que l’on est bien avec ses voisins en plein air et que l’on habite dans un très beau quartier. Si on est encore comme ça dans 5 ans, je serai très content. Tant que les soirées sont de belles qualités, que les gens ont une belle écoute, qu’ils ne s’en vont pas avant la fin et qu’il y a une belle harmonie, pour moi c’est encore plus important que d’avoir 1000 personnes. »

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